Mode, cuir, fourrure...je t'aime, moi non plus

Parce que certains modèles de maroquinerie de sa marque sont fabriqués dans des cuirs exotiques, Victoria Beckham est dans le collimateur de la PETA. Retour sur les porte-étendards de la mode éthique et sur ceux qui défendent l'utilisation de la fourrure et du cuir.

 


Alligator, autruche, python… les nouveaux modèles de maroquinerie de la dernière collection de Victoria Beckham se déclinent dans toutes sortes de cuirs exotiques. Vendus entre 2800 et 25.000 euros, ces sacs, ces ceintures et ces portefeuilles se sont attiré les foudres de l’association de défense des animaux PETA. « Victoria Beckham devrait se rendre dans une ferme d’élevage d’alligators et voir les coffres immondes dans lesquels ils sont entassés. Ou alors, elle devrait simplement rester à côté et sentir l’odeur qui en émane. Si elle ne peut pas supporter d’entendre ou de voir la façon horrible dont ces animaux sont traités et tués, elle ne devrait pas en commander pour faire ses sacs à main vaniteux », a déclaré un représentant de la PETA au Daily Mail.

 

Ce qui agace particulièrement l’association, c’est que la créatrice britannique avait déjà apporté son soutien à la cause animale et avait promis de ne jamais utiliser de fourrure dans ses collections. La femme de David Beckham a cependant répondu à ces attaques par le biais de son attachée de presse, interrogée par le Daily Mail. Elle a expliqué que les cuirs utilisés provenaient d’une ferme éthique située aux Etats-Unis et a fait savoir que sa marque « continuerait d’utiliser tous les tissus et tous les cuirs exotiques qu’elle a toujours utilisés ». Un positionnement qui n'est pas unique dans l'univers des créateurs de mode, même si les marques qui choisissent d’abandonner les matières d’origine animale sont de plus en plus nombreuses.

 

Vers une mode éthique

Parmi elles, Stella McCartney met un point d’honneur à ne jamais utiliser de fourrure et à privilégier le cuir végétal. Un combat que la créatrice britannique mène depuis le lancement de sa marque éponyme en 2001 et qui fait d’elle une véritable pionnière en matière d’éthique et de préservation de l’environnement. « Si j’ai choisi de ne pas utiliser de cuir et de fourrure, ce n’est pas seulement parce que je ne mange pas de viande ou qu’il est inacceptable que des millions d’animaux meurent chaque année au nom de la mode. En effet, je suis convaincue qu’il existe un lien entre fourrure, cuir et environnement », explique-t-elle sur son site de vente en ligne. À New York, la griffe Vaute Couture est devenue, en février 2013, la première maison indépendante 100 % vegan à participer à la Fashion Week officielle. Le créateur turc et britannique d’adoption Hussein Chalayan milite lui aussi pour une mode responsable. Depuis ses débuts à la fin des années 1990, il développe des collections expérimentales poussant à réfléchir sur le réchauffement climatique. Celle de l’automne-hiver 2007-2008 voyait défiler des mannequins dans des robes agrémentées de leds. Lorsque la fourrure fait son retour sur les podiums, il la choisit écologique, composée de lin et de laine.

 

Les irréductibles

Pourtant décriée, la fourrure est plus que jamais présente sur les podiums, comme en témoigne le nombre de pièces en fourrure présentées lors de la dernière Fashion Week automne-hiver 2015-2016. 

Photos Imaxtree

La plupart des créateurs continuent cependant de présenter des modèles dans des matières dites classiques. La fourrure est même plus que jamais présente sur les podiums et dans les collections, comme en témoigne le nombre de pièces en fourrure présentées lors de la dernière Fashion Week automne-hiver 2015-2016. Parmi les créateurs à ne pas bouder le poil : Karl Lagerfeld, qui ne se préoccupe pas de cette bien-pensance actuelle et part en croisade contre la vraie fausse bonne conscience de certains en dénonçant ce qu'il considère comme relevant de l'hypocrisie : «Il faut être cohérent. Comment peut-on critiquer la fourrure alors que l'on mange un hamburger et qu'on porte des chaussures en cuir? Car, quand même, le cuir, c’est de la fourrure épilée ! » expliquait-il, en mars, dans Madame Figaro. Le Kaiser de la mode présentera donc en juillet prochain, pendant la semaine de la couture à Paris, le premier défilé de haute fourrure de Fendi, cinquante ans après avoir été choisi pour renouveler les collections de la maison.

 

Ce qui n'empêche pas le créateur d'avoir conscience des maltraitances faites aux animaux. Après avoir été sermonné par Brigitte Bardot, Karl Lagerfeld a demandé à sa star de chatte Choupette de faire un gros chèque pour la fondation de l'icône de la protection des animaux. « Elle gagne beaucoup d’argent, vous savez, énormément d’argent, et il y a beaucoup de petits chats qui n’ont pas autant de chance qu’elle dans la vie. » Lors d'un autre entretien accordé au Figaro, le créateur a rappellé que l'industrie de la fourrure représentait des milliards d'euros de chiffre d'affaires et a pris à partie la PETA : « Êtes-vous assez riches pour payer les salaires de tous ceux qui travaillent dans cette branche ? Pour payer les chasseurs qui vont chasser la zibeline dans le Nord ? On ne peut pas élever ces animaux en captivité. Je ne porte ni vison, ni renard, ni chinchilla, cela tient trop chaud, je ne mange pas non plus de viande. Mais les gens font ce qu’ils veulent. » Et de rappeler que les créateurs ne sont pas les seuls auxquels il faut faire la peau.

 

MADAME LE FIGARO. "Mode, cuir, fourrure....je t'aime moi non plus". Par Marie-Caroline Bougère | Le 11 mai 2015. http://madame.lefigaro.fr/style/victoria-beckham-dans-le-viseur-de-la-peta-pour-ses-sacs-en-cuirs-exotiques-110515-96521

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