Le lâcher-prise, un chemin de libération

Management libérant. Le lâcher-prise est un sujet très fréquent en coaching.

Le lâcher-prise est un sujet très fréquent en coaching. Son contraire, le contrôle, est un mal ravageur : tension physique, problèmes de stress et les aspects somatiques qui peuvent en découler, il peut prendre des formes multiples et parfois sournoises : depuis votre manager qui va venir contrôler l’avancement de votre travail dix fois par jour, votre conjoint qui va vérifier systématiquement chacune de vos dépenses, nous avons tous dans nos entourages des personnes contrôlantes qui exercent leur besoin de contrôle pour différentes bonnes ou supposées bonnes raisons.

Évidemment, le contrôleur qui ressent ce besoin de contrôler se justifie : il veut savoir comment vous faites votre travail, il veut vérifier que vous le faite bien (sous-entendu, au format qualitatif ou quantitatif demandé par le management), s’assurer que vous n’avez pas triché, valider que vous avancez bien au rythme demandé, ou pour votre conjoint, que vous veillez à la bonne santé financière de votre famille.

Toutes les bonnes raisons sont là, claires, faciles à comprendre, qui en douterait d’ailleurs.

Et les processus mis en place dans les entreprises aliment ce besoin. Il faut vérifier, contrôler, justifier, documenter, pointer, valider, faire approuver, et là, et bien, on se sent mieux, cette maîtrise parfaite, quelle sensation, tout est sous contrôle, le chemin est balisé, tout peut continuer "sur de bonnes bases".

Les entreprises ont absorbé nos maux et les systèmes fonctionnent en résonance, les processus ont jalonné les tâches par de multiples points de contrôle, de reporting de plus en plus long, d’indicateurs à alimenter de plus en plus nombreux.

Les salariés instrumentalisés dans leur production ont vu la partie créatrice de leur travail réduite et se sont retrouvés comme absorbés par la part administrative à fournir. Et puis la situation allant en s’aggravant, les efforts de compétitivité à donner, ces centaines de mails à lire par jour et la dépersonnalisation des relations, le cocktail du désengagement est explosif : pas de vison commune, du contrôle en surdose, de la dépersonnalisation des relations, et bien, allons au travail pour faire le juste nécessaire, partager ses malheurs avec quelques collaborateurs aussi malheureux que soi, dénigrer un peu plus son chef contrôleur qui finit par comprendre que le chemin est peut être ailleurs.

Les temps changent, on parle de bonheur au travail, de bien-être au travail, de motivation et d'engagement, est-ce juste pour les autres, ces salariés heureux que l’on voit chaque semaine dans des journaux ou dans des magazines.

Et si cette vérité devenait la mienne ? Et si moi aussi j’essayais de lâcher, de faire confiance, mais vraiment de faire confiance.

Qu’ai-je à y gagner ? D' être moins, moins quoi d’ailleurs ? Ou plutôt d’être plus, plus quoi ? Plus détendu, plus serein, plus calme, plus joyeux aussi, car cette sérénité me donne du temps, du temps pour rêver, pour discuter, partager, m’ouvrir, décloisonner, finalement, bien oui ce n’est pas très simple, car d’ailleurs, la tentation de contrôler à nouveau va être bien présente, je vais devoir avoir des zones de vigilance : apprendre à contrôler à ne pas contrôler et ce, jusqu’à ce que cela devienne, et bien, plus naturel, plus évident, jusqu’à ce que je ressente cette sérénité naturelle enveloppante.

Alors qui veut lâcher prise et prendre le chemin de la libération ?

Carole Laubry sur les Echos


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